Aujourd'hui, il ne me reste plus que ça. Ecrire pour dire ce qu'on ne peut qu'écrire.
Il y a quelques temps, j'avais peur qu'il lui arrive quelque chose. J'avais peur qu'il parte. J'avais peur de ma réaction si j'apprenais un jour sa mort. Une mort trop rapide. Une mort trop injuste. Pas lui. Non. Il avait pas le droit de partir comme ça. Il avait pas le droit de me laisser là. J'avais tant de choses à lui dire. J'avais tant de choses à lui montrer. J'avais tant de choses à faire avec lui. Il ne pouvait pas partir comme ça.
Une phrase courte mais difficile à entendre de la bouche de ses parents qui pouvaient à peine le prononcer - brouillés par les pleurs. A cet instant, c'était le désordre dans ma tête. Tout s'enchaîne. On se refuse à croire ce que l'on entend. A bout de force, j'ai pleuré sans savoir m'arrêter pendant des jours entiers. Des tremblements incontrolables. Mais aujourd'hui, je me refuse a voir son Nom inscrit sur cette plaque.
J'avais peur et je ne voulais pas être seule pour traverser cette épreuve. Que se passait-il?
Mon cerveau essayait de trouver une explication rationnelle à ce que j'étais en train de vivre. Le rêve?
Les effets hallucinatoires d'une surdose de cocaïne ou d'alcool? Non.
Cet étrange voyage m'avait renvoyé à mes souffrances les plus intimes.
J'avais affronté mes démons, revivant mentalement les moments décisifs de leur existence, essayant de prendre du recul sur mon parcours et de mettre de l'ordre dans ma vie. Oui, aujourd'hui il me manque quelque chose pour aller mieux... Il me manque... & aujourd'hui il est trop tard.
C'est pour ça que je jure de ne plus jamais m'investir sur le plan émotionnel... ça fait trop mal de perdre un être cher.
Alors demain si je pouvais, j'irai l'embrasser avec honneur sur son front froid et dire, une bonne fois pour toute, au revoir.
Je ne veux pas qu'il revienne, j'aurai seulement préféré qu'il reste.
Adieu Fabien. A jamais dans mon coeur.